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Vin des îles: Mallorque: Les gros et les petits. Part 1

Mallorque Mallorca vignoble
Vin des îles: Mallorque: Les gros et les petits. Part 1
Un des gros: Macia Batle

Il existe à Mallorque, comme partout ailleurs dans le monde vinicole, les plus gros et les plus petits producteurs. Les plus gros à Mallorque peuvent être considérés petits par rapport aux gros du continent, ils restent néanmoins gros par rapport aux petits de l’île. Les deux se destinent à des marchés à la fois semblables et différents.

Les premiers sont vendus localement plutôt dans les magasins de grande surface et/ou les chaînes d’alimentation comme Spar

et Eroski  et ils distribuent également vers la péninsule ibérique et le reste de l’Europe. Cette distribution, ils la font la plupart du temps eux-mêmes, à l’aide de personnel de vente.

Tant qu’aux petites bodegas, c’est plus le marché local qu’ils visent par l’entremise de plusieurs distributeurs qui ont chacun leur territoire et qui placent leurs vins dans de multiples petites boutiques spécialisées.

C’est d’ailleurs plutôt particulier que chacune des bodegas doivent faire affaire avec plusieurs distributeurs pour s’assurer que leurs vins soient vendus dans toutes les régions de l’île, alors que, par exemple ici au Québec, qui est un territoire beaucoup plus grand, une seule agence s’occupe de distribuer partout. Quelques uns d’entre eux parviennent quand même à sortir de l’île, soit par des réseaux spécialisés, comme par exemple les produits agrobiologiques ou soit parce qu’ils ont eu la chance d’être bien cotés dans des guides de vins comme Peñín ou le Guía de los 300 Mejores vinos de España.

Les gros comme les petits se sont regroupés en 2 associations, et ce, surtout à des fins de représentation commerciale et publicitaire: ceci apporte une réduction des coûts d’équipement, de fourniture et de publicité. Mais c’est aussi à fin de s’entraider entre bodegas et d’avoir plus de force de pression sur les instances politiques.

www.petitscellers.es/

Une trentaine de petits producteurs font partie de “Associació Petits Cellers Illes Balears”.

Il existe plusieurs similarités entre les modus operandi de 2 des petites bodegas que j’ai visité: Can Majoral et Galmés y Ribot. Ce sont des entreprises familiales qui emploient à l’année environ 5 personnes (incluant les membres de la famille). Axés sur l’agriculture biologique, ils sont ainsi prêts à réduire leur production pour réduire leur impact écologique sur leur terre et aussi accroître la qualité.

Ils sont inscrits dans des réseaux sociaux forts où la famille étendue ainsi que les amis et relations sont plus ou moins impliqués dans les opérations et la vente.

Ainsi les vendanges sont pratiquées à l’aide de ce réseau. J’ai eu le plaisir de participer à une de ces vendanges matinales avec une soixantaine de bons vivants mallorquins.

www.canmajoral.com

Chez Can Majoral, le vin fait partie de la ferme familiale ou poussent caroubiers, oliviers, figuiers et amandiers avec en plus un élevage de volailles et de porcs qui augmente l’autarcie alimentaire. C’est un modèle qui peut servir d’exemple dans le contexte mondial ou la terre aura à nourrir 10 milliards d’humain dans 40 ans. Mireia ??,qui m’a gentiment reçu malgré le flux de travail en pleine période de vendanges, est elle-même un modèle de femme forte et responsable qui est impliquée dans le regroupement des producteurs agro-biologiques mallorcains et semble bien mener la barque vers des horizons lumineux.

www.galmesiribot.com

Chez Galmés y Ribot le plaisir du vin est partagé sous la forme de barriques individuelles que les amis et clients ont pu assembler eux-mêmes (avec un coup de main de la Bodega). Julio Torres qui m’y a très professionnellement reçu, est sommelier et oenologue. Il est fort d’une expérience dans la restauration, chez la réputée Bodega Ribas et dans des vignobles de la vallée de la Loire ou il a développé une affinité avec les vins plus légers et digestes, ce qui apporte une note intéressante aux vins méditerranéens de la maison. Féru des cépages autochtones, il m’a fait découvrir l’escursac et le gorgollina.

Il existe des zones grises et des aberrations dans la réglementation des appellations. J’ai pu noter la même problématique en Corse et en Sicile ou l’utilisation de cépages autochtones n’est pas recommandée ou permise. C’est ce qui fait qu’Antoine Aréna, cet excellent producteur de Patrimonio au nord de la Corse, doit déclasser son Biancu Gentile en vin de table. Cette pratique se retrouve donc également à Mallorque et les producteurs doivent compter avec l’habileté des cavistes et des sommeliers ainsi que sur la curiosité des amateurs pour que ces vins rares et uniques trouvent leur place sur le marché du vin.

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